Samedi matin, un panneau de contreplaqué de bouleau, une scie, une visseuse. À midi, un bac de rangement pour vinyle de 60 disques posé à côté de la platine, que l’on feuillette d’une main comme chez le disquaire. C’est le projet le plus simple de ce site, et le plus utile pour qui écoute vraiment ses disques : aucune étagère du commerce n’est faite pour un 33 tours, et le bac, lui, est taillé exactement à sa mesure. Voici le plan tel que nous l’avons fabriqué, avec les cotes, la liste de débit, les six étapes du montage, les erreurs du premier essai, puis trois variantes pour le jour où un seul bac ne suffit plus.

Fiche projet

Durée2 h 30, séchage de la colle compris
Coût25 à 35 € de contreplaqué, 10 € de visserie et finition
NiveauDébutant : coupes droites, vis, colle
OutilsScie circulaire ou scie à main avec guide, perceuse-visseuse, deux serre-joints, équerre, papier de verre
Capacité60 à 70 albums simples, 45 avec des doubles

Ce que le bac doit faire, et pourquoi 35 cm

Un disque dans sa pochette mesure 31,5 cm de côté. Il doit tenir debout, serré sans être comprimé, et se feuilleter vers l’avant pour lire les pochettes. Trois conséquences sur le plan :

  • 35 cm intérieur, pas 32 : les pochettes gatefold et les coffrets ont 1 cm de plus, et il faut 2 cm de jeu pour passer le doigt.
  • Une face avant basse, à 20 cm, pour voir les deux tiers de la pochette et attraper le disque sans le soulever.
  • 40 cm de long au maximum : au-delà, les disques du milieu s’affaissent dès qu’on en retire un, et le bac plein dépasse 20 kg.

Ces trois chiffres suffisent ; tout le reste est affaire de goût.

Le plan et la liste de débit

Le bac se découpe dans un seul panneau de contreplaqué de bouleau de 18 mm, 60 × 120 cm, avec 10 cm de chute. Le bouleau coûte plus cher que le peuplier, mais ses chants se poncent net et ne s’écaillent pas sur les pochettes.

PièceQuantitéDimensionsRemarque
Fond140 × 35 cmFil du bois dans la longueur
Côtés235 × 35 cmCarrés, c’est eux qui donnent l’équerrage
Dos140 × 35 cmPleine hauteur
Face avant140 × 20 cmPlus basse, pour feuilleter

Les côtés se vissent sur le fond (et non autour) : le fond mesure donc 40 cm, la longueur hors tout du bac fera 40 + 2 × 1,8 = 43,6 cm. Visserie : 16 vis à bois 4 × 40 mm, colle vinylique, 4 patins en feutre.

Si la scie n’est pas votre point fort, faites débiter le panneau à ces cotes par le magasin de bricolage : la plupart le font pour un ou deux euros la coupe, et le bac n’en sera que plus droit.

Le montage en six étapes

Bac rangement pour vinyle en contreplaqué de bouleau en cours de fabrication sur un établi : les cinq panneaux découpés, le caisson assemblé avec un côté avant plus bas, serre-joints, colle à bois et vis
Les cinq panneaux à gauche, le caisson serré à droite, un disque dedans pour vérifier la cote : l’état du projet après une heure.

1. Poncer avant d’assembler

Grain 120 sur les faces, puis 240 sur tous les chants, en arrondissant légèrement les arêtes. Une arête vive raye les pochettes, et un chant poncé après montage n’est jamais aussi propre. Dépoussiérez au chiffon humide.

2. Pré-percer les côtés

Sur chaque côté, tracez une ligne à 9 mm du bord bas (le milieu de l’épaisseur du fond) et percez deux trous de 3 mm à 5 cm de chaque extrémité. Même chose sur les bords arrière, pour le dos. Sans pré-perçage, le contreplaqué éclate quand la vis sort.

3. Coller et visser les côtés sur le fond

Cordon de colle sur le chant du fond, côté en place, équerre, deux vis. Essuyez la colle qui ressort tout de suite : sèche, elle refuse la finition et laisse une tache claire.

4. Poser le dos, puis la face avant

Le dos se colle et se visse sur le fond et sur les deux côtés. La face avant, plus basse, se visse seulement dans les côtés (deux vis de chaque bord) et se colle sur le fond. Serrez le tout aux serre-joints.

5. Vérifier avec un disque

Avant que la colle ne prenne, glissez un album dans sa pochette : il doit entrer avec un centimètre de jeu et rester droit. Si le bac est en losange, un coup de serre-joint en diagonale le remet d’équerre. Laissez sécher deux heures.

6. Finir

Deux couches d’huile dure ou de vernis incolore, en insistant sur le fond, où le bois nu marquerait les pochettes blanches. Quatre patins en feutre sous les angles. Le lendemain, les disques.

Les erreurs du premier essai

Nous en avons fabriqué deux avant celui-ci. Ce que le premier nous a appris :

  • 32 cm intérieur, c’était trop juste. Les doubles albums entraient en forçant. D’où les 35 cm du plan.
  • Un bac de 60 cm de long, pour tout ranger d’un coup : 28 kg plein, impossible à déplacer, et les disques du milieu basculaient. Deux bacs de 40 cm valent mieux qu’un long.
  • Des vis sans pré-perçage : deux côtés fendus, panneau à racheter.
  • Du contreplaqué de peuplier : moins cher, mais les chants pelucheux ont rayé trois pochettes la première semaine.
  • Pas de patins : le bac a marqué le meuble bas en glissant.

Un ajout qui a fait la différence au second essai : un intercalaire en contreplaqué de 6 mm, 33 × 25 cm, qui sépare deux genres et tient les disques debout quand le bac n’est pas plein.

Quand un bac ne suffit plus : trois variantes

Le bac couvre une collection de 60 à 140 disques (deux bacs). Au-delà, ou pour un autre usage, le même principe se décline.

La caisse en palette, pour le rendu brut

Caisse de rangement pour vinyle en planches de palette poncées et huilées, posée sur un meuble bas en bois à côté d’une platine, une trentaine de disques debout dedans, pochettes visibles
Planches de palette poncées et huilées sur quatre tasseaux d’angle : plus lourde que le bac, mais elle se patine.

La caisse de rangement pour vinyle en palette remplace le contreplaqué par des planches de palette, montées sur quatre tasseaux d’angle de 30 × 30 mm coupés à 33 cm, trois planches par côté avec 5 mm de jour. Deux précautions que le bac ne demande pas : choisir une palette marquée HT (traitement thermique, jamais MB), et poncer chaque planche des deux côtés au grain 80 puis 120 jusqu’à ce que la main glisse sans accrocher. Prévoyez 35 cm intérieur plutôt que 33, les planches ne sont jamais droites, et collez un feutre au fond. Comptez 8 à 10 kg à vide et une après-midi de ponçage.

La boîte fermée, pour les réserves et les 45 tours

Deux boîtes de rangement pour vinyle en bois clair à couvercle, l’une grande pour 33 tours ouverte avec des disques debout, l’autre petite pour 45 tours fermée posée dessus, intercalaires en bois
La grande pour les 33 tours que l’on n’écoute pas cette saison, la petite pour les 45 tours : fermées, elles s’empilent.

Même plan que le bac, avec une face avant à pleine hauteur et un couvercle en contreplaqué de 10 mm sur deux charnières à piano, débordant de 5 mm à l’avant pour servir de poignée : voilà la boîte de rangement pour vinyle 33 tours, qui protège de la poussière et de la lumière les disques en réserve. Limitez-la à 50 disques (12 kg) pour qu’elle reste portable. Une boite de rangement pour vinyle du commerce fait l’affaire si elle offre 34 cm intérieur et une paroi rigide ; les cartons « 30 cm » sont trop justes pour les doubles, et pour le transport un carton double cannelure convient comme toute boîte de rangement, pas plus de 50 disques dedans.

Pour les 45 tours, réduisez tout à 20 × 20 cm intérieur : 100 disques dans 30 cm de long, un intercalaire tous les 25. C’est ce que nous recommandons à la place d’un meuble de rangement pour vinyle 45 tours, qui n’existe presque pas dans le commerce et que personne ne fabrique pour cinquante disques de 50 g.

Le meuble à cases, et la niche murale, pour une vraie collection

Meuble de rangement pour vinyle à huit cases carrées en chêne clair, disques debout dans chaque case avec un séparateur, platine et ampli posés sur le dessus, salon lumineux
Huit cases de 35 cm, 70 disques chacune, la platine sur un plateau doublé : le bac en grand.

À partir de 150 disques, les bacs prennent trop de surface et le meuble de rangement pour vinyle à cases carrées prend le relais : un meuble à étagères dont chaque case fait 35 × 35 cm sur 38 cm de profondeur, avec des tablettes de 18 mm au moins et un montant tous les 40 cm, parce qu’une case pleine pèse 20 kg et qu’un meuble de huit cases en porte 160. Un dos ou des traverses l’empêchent de se mettre en losange ; un séparateur par case tient les disques debout. Si la platine va dessus, doublez le plateau et posez-la sur des patins.

Meuble de rangement pour vinyle encastré dans une niche murale d’un salon : tablettes en chêne de mur à mur avec disques debout, une tablette renforcée à mi-hauteur portant la platine, éclairage LED sous la tablette haute
Des tablettes de mur à mur dans la niche, la platine à 90 cm, un ruban LED pour lire les tranches : zéro place au sol.

Et quand le salon a une niche, un renfoncement de cheminée condamnée ou un creux entre deux poteaux, le meuble de rangement pour vinyle encastré dans une niche murale est la version qui ne prend aucune place : des tasseaux de 30 × 40 mm chevillés sur les parois latérales à chaque niveau, des tablettes de 18 ou 22 mm coupées à la cote (mesurez en haut, au milieu et en bas, les murs ne sont jamais parallèles), 36 cm entre deux tablettes, une tablette plus profonde à 90 cm pour la platine, un montant au milieu si la niche dépasse 80 cm de large. Le principe est celui d’un rangement sous escalier : on habille le volume perdu au lieu d’ajouter un meuble.

Avant d’y ranger les disques

Quatre habitudes qui comptent autant que le meuble :

  1. Debout, jamais à plat. Empilés, les disques se voilent en quelques mois ; inclinés, les pochettes s’affaissent.
  2. Feuilletable d’un doigt. Trop serrés, ils marquent les pochettes ; trop lâches, ils penchent. L’intercalaire règle les deux.
  3. Loin du radiateur et de la fenêtre. La chaleur voile le vinyle, le soleil décolore les pochettes. Le mur intérieur du salon est la bonne place.
  4. Pas plus de 40 cm sans appui. Qu’il s’agisse d’un bac, d’une tablette ou d’une case, c’est la portée au-delà de laquelle le bois plie sous 20 kg de disques.

Le bac de la fiche projet tient tout cela en 43 cm de long. Le reste, caisse, boîtes, meuble, niche, n’en est que la suite.